Le chili con seitan de l’an 01

​Je n’ai pas manifesté le 1er mai parce que je suis assez feignant, relativement pantouflard et globalement plutôt trouillard. Mais alors, voir des pequellous péter un domac, j’avoue, quelle joie ! Bah ouais, pour pleutre que je suis, je n’en demeure pas moins végétarien et plutôt pas trop favorable à l’économie de marché, tu t’attendais à quoi ? À ce que je chiale sur le saccage de la boutique d’une enseigne qui industrialise la mort animale, traite ses employés comme des cases de tableurs Excel et rend la planète malade de mauvais sucre et de mauvaise graisse ? Bien sûr qu’il faut péter les McDo, les fermes-usine, les banques, les prisons et le sacré cœur.

Cette enveloppe de secrétaire de mairie de province périurbaine qu’est mon corps recèle bel-et-bien l’âme d’un noir et fier chevalier du chaos, oui, et moi aussi je m’en vais de ce pas saccager un symbole de l’alimentation américaine : le chili con carne. Car non, le chili con carne n’a rien de mexicain, je l’affirme et mes sources sont : Wikipedia et ma Maman. Tu peux mettre en doute la fiabilité de la première mais si tu as l’intention de contredire ma mère, je te suggère de te lever matin, parce qu’il va déjà falloir que tu arrives à parler plus qu’elle.

J’ai déjà préparé du chili con tofu, du chili con cashew, il était temps de tester le chili con seitan. Déjà, une remarque ; une fois que t’as viré la viande, et les éventuels adjuvants de type cheddar ou sour cream, le chili est plutôt un plat maigre. Le haricot est une légumineuse, si on l’associe à une céréale, riz ou maïs (on va mettre les deux) et qu’on y ajoute du poivron (on n’en mettra pas, c’est pas encore la saison) on a une assiette plutôt équilibrée. Autre remarque, damer un truc qui arrache la gueule n’a jamais rallongé la bite de personne, ça sert à que dalle d’épicer le bordel comme un batard si c’est pour que personne à table ne puisse bouffer son assiette. Si tu aimes quand ça pique (c’est mon cas) tu ajouteras à discrétion du tabasco ou un autre condiment du genre directement dans ton assiette. Au passage, le tabasco non plus c’est pas Mexicain, ça vient de Louisiane (source : c’est écrit dessus).

Du temps que j’étais charognard, je tirais ma recette du chili con carne de ce livre. Je l’ai grossièrement adapté au fil des ans et des saisons, mais je conserve ce truc de faire mijoter le bordel dans de la bière brune. Le mieux c’est de la pelforth mais bon, on est le premier mai et j’ai pas de pelforth chez moi, juste une canette de guinness. Ça fait bien l’affaire. Pareil, j’avais pas de haricots rouges, alors j’en ai pris des noirs. C’est plus doux au gout et c’est pété de trucs cools pour la santé genre antiseptiques, bactéricides, calvicides, agnosticismes, priapismes, régicides, tout ça. Et ça fait faire des cools cacas. En ce qui concerne le seitan, j’ai testé la recette de Marie Laforêt dans Vegan débutant. Elle est carrément plus simple que la recette que j’utilisais jusqu’ici et je crois qu’elle a plus de goût. Mais surtout, surtout, vu qu’elle se fait au cuit vapeur, c’est pas la peine de se faire chier à maintenir le bouillon à frémissement.

Pour le Seitan :

  • 180g de gluten
  • 3 cuillères à soupe de levure maltée
  • 1 cuillère à café de paprika
  • 1 cuillère à café de cumin
  • 20 cl de bouillon de légumes froid (faut donc penser à le faire avec un peu d’avance)
  • 2 cuillères à soupe de sauce soja (de la tamari si possible)
Pour le ragout
  • Des haricots noirs qui ont trempé une dizaine d’heures.
  • 1 oignon blanc ou jaune je m’en bats les couilles
  • 1 boite de tomates concassées
  • 1/2 litre de bière brune
  • Cumin, paprika, chili ou piment de cayenne, tu te démerdes pour les quantités, ça se fait au gout, à la vue, à l’odeur
  • 1 giclée de ketchup
  • 2 ou 3 cuillères à soupe de maïs
Puis du riz, blanc.

Alors c’est très simple, mais un peu long. Tu sors tes haricots de l’eau de trempage et du les mets dans une casserole d’eau salée froide que tu vas porter à ébulition. De là, tu vas faire cuire, disons 35 minutes.

Pendant ce temps, tu fais son seitan. Le principe est toujours le même : dans un saladier, tu mélanges tout ce qui est sec et dans autre chose -disons, un verre- ce qui est liquide. Tu verses le mouillé dans le sec et tu mélanges très très vite parce que le gluten à tendance à engloutir les liquides avec plus de prestesse et de voracité qu’un-e journaliste dans l’espace Vip d’un festival. De leur union surgit un joli blob que tu pattounes, disons 5 minutes.

Puis tu le coupe en deux et tu enroules les deux patons dans du papier sulfurisé. Plus personne n’appelle ça comme ça, tout le monde dit « papier cuisson », je sais pas pourquoi j’appelle ça « papier sulfurisé », mais d’un autre coté j’appelle aussi un taille-crayons « appointe-crayons ». Tu fous ensuite tes papillotes au cuit vapeur, disons 35 minutes.

Et là tu fais quoi ? Tu te fais un peu chier, soyons francs. Tu peux couper ton oignons blanc ou jaune (je m’en bats les couilles) en bouts et ton oignon nouveau en rondelle. Ça t’occupera 5 minutes, il va don t’en rester 30 pour penser à la mort.

Quand tes haricots sont cuits, tu les égoutes et tu les rinces. Pourquoi ? J’en sais rien mais ils m’ont paru plus jolis une fois rincés. Ils brillaient plus. Quand tes pâtons de seitan sont cuits, ils ont l’air de grosses saucisses.

Tu en découpes un en bouts grossiers et tu le haches au mixer, assez fin. L’autre, tu peux le garder pour une autre fois, l’encadrer, jouer au foot avec ou te le carrer dans le cul, j’en ai rien à branler.

Dans une marmitte ou une cocotte, mais moi j’en ai pas alors je prends une bête casserole, tu verses de l’huile, moi j’emploie cette espèce d’isio 4 de gauche.
Tu y fais revenir ton haché de seitan et ton oignon blanc ou jaune (je m’en bats les couilles). Quand ça commence à juter, tu verses ta boite de tomates tu touilles.
Quand ça commence à réduire, tu ajoutes la moitié de ta canette de bière et les épices. L’autre moitié de la canette de bière, tu la verses dans un verre. Tu bois la bière et quand elle est terminée, tu adjoins les haricots noirs et la giclée de ketchup. Une fois le bordel commence à être bien épais, tu jettes le maïs dedans et tu laisses encore 5 ou 10 minutes.

Tu sers avec le riz blanc et tu parsèmes d’oignon nouveau, pour faire joli mais aussi pour faire bon. Et ouais.

Avec ça tu bois un machin genre méridional. Genre avec au 1 ou 2 des quatres chevaliers de l’apocalypse -Syrah, Merlot, Mouvèdre et Grenache- dedans.

Ça va, ça fait péter, mais sans plus.

Un commentaire Ajouter un commentaire

  1. Omry dit :

    hahaha c’est toujours un plaisir de te lire !
    il a l’air fameux, ton chili con seitan&guinness ! et je trouve géniale ton idée de haché de seitan, je testerai c’est sûr.
    Merci pour le partage et bonne soirée à toi !
    Omry

    Aimé par 1 personne

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