Taboulé rasa

Tu liras çà et là que les racines du taboulé plongent dans le Tigre et l’Euphrate, que les souverains d’Uruk se délectaient de poignées de persil haché généreusement arrosées de jus de citron. Ah ouais ma gueule, t’as raison, c’est évident que Gilgamesh kiffait se curer les dents et roter le 7e cercle de l’enfer pendant 6 jours après chaque repas. La vérité, stupide millénial, la voilà : le taboulé a été inventé par Pierre Martinet l’année du lancement du Juste Prix à la télévision française. L’industrie aggrotélévisuelle cherchait un moyen simple et pas cher de nourrir les enfants de merde qui dansaient comme des débiles dans le Club Dorothée. Ledit Martinet a fait mariner du couscous dans du jus de conserves de carottes râpées exfiltrées du resto U de Vertbois à Montpellier, au cours d’une fermeture sanitaire. Ah, le régime méditerranéen. Du couscous ? Bah ouais, tu crois quoi ? Le boulghour n’existait pas encore, il a été inventé par les australiens pour contourner la grave financière à laquelle ils ont dû faire face suite à l’échec commercial de Crocodile Dundee 3. Évidemment, ça n’a pas marché. Qu’ils sont cons ces australiens.

Du fait de son ostensible présence dans toutes les cafétérias des séries AB production, le taboulé s’est rapidement établi comme un incontournable des piques-niques paroissiaux, offrant enfin, plus de 4 siècles après la réforme, une alternative crédible à la salade de riz des célébrations protestantes.

Un dimanche après l’office, le taboulé est fatalement tombé entre les mains de ma mère qui l’a interprété comme une variante du gaspacho ou le pain est remplacé par de la semoule. Ma recette est en gros celle de ma mère : de la semoule qui gonfle à froid dans une vinaigrette et de la tomate, et éventuellement d’autres trucs de saison et les herbes que tu veux. Moi ça dépend de ce que j’ai sous la main. Là, du basilic. Pourquoi se faire chier avec de la menthe et de la coriandre ou je ne sais quoi alors que rien ne va mieux avec la tomate que le basilic ?

En l’espèce nous avions ici :

  • un verre de semoule
  • Deux tomates
  • Un poivron salade, ou corne de bœuf (c’est la même chose mais plus cher). Le mien était censé être vert mais il est devenu jaune. On peut plus se fier à rien ma bonne dame
  • 2 oignons nouveaux
  • Du basilic
  • Sel
  • Huile d’olive
  • Vinaigre de cidre
  • Jus de citron

La première étape c’est le fond de sauce. Dans un saladier, une jatte, un cul de poule, ce que tu veux je m’en bats les couilles, tu dilues une cuillère de sel dans 2 de vinaigre de cidre et une de jus de citron. Bon, tout ça dépend des goûts et des envies du moment. Ça peut se faire avec uniquement du vinaigre ou uniquement du jus de citron, c’est pareil. Je déconseille le vinaigre rouge parce que le goût de vinasse est pas le mieux venu dans le bordel. Sois attentif petit lapin sinon tu vas te faire pincer très fort : ne fous pas l’huile dans ton bordel à ce moment là. Remise la par dévers toi. Maîtrise toi un peu merde, tu me dégoûtes.

Ensuite, il faut peler les tomates. Pourquoi ? Sérieux on a pas dégagé le persil pour se retrouver avec des vieux bouts de peau collés aux dents. Merde. Pour peler, tu connais la chanson, 50 secondes dans l’eau bouillante et hop, sous l’eau froide et ça se fait tout seul. Une fois pelées, tu en extraies (avec un instrument de type « petite cuillère » ou mieux encore, « cuillère à pamplemousse » si tu en as une. Mais tu n’en as pas, qui a une cuillère à pamplemousse ?) les pépins et la pulpe que tu touilles avec ton fond de sauce et tu découpes la chair en tout petits dès. Tu les verses dans la sauce.

Puis tu y adjoins les graines. Tu remues, tu couvres, et tu laisses tout ça vivre sa petite vie à température ambiante une dizaine de minutes.

Ce faisant, tu découpes les autres trucs à découper en tout petits morceaux.

Tu les ajoutes au bordel, tu remues et , tu peux verser tes 3 ou 4 cuillères d’huile d’olive. Pourquoi maintenant ? Parce que si tu l’avais fait plus tôt, l’huile aurait enrobé la graine et l’aurait empêchée de gonfler correctement. Comment je le sais ? Je l’ai lu quelque part sur un site et ça me semble crédible. Et maintenant, c’est presque prêt. Avant de te régaler, une dernière petite formalité : laisser le bordel au frigo au moins deux bonnes heures au cours desquelles, je ne vais pas te mentir ; tu vas bien te faire chier.

Un commentaire Ajouter un commentaire

  1. Omry dit :

    Jolie la petite histoire du taboulé … on en apprend tous les jours 😄

    J'aime

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